Un blog... oui mais pourquoi faire?

Bonjour à tous, comme vous l'aurez constatez, le titre évoquateur de ce site m'amène à vous parler de la mythologie grecque. Je m'appelle Cindy, mais sur ce site vous me connaitrez mieux sous le pseudo d'Artémis.

Pourquoi Artémis me direz-vous? Tout d'abord parce que c'est une divinité grecque et d'autre part parce que ma fête est le jour de la sainte Diane et par déduction Diane est le nom romain donné à Artémis.

Pourquoi avoir choisi la mythologie grecque? A vrai dire c'est un sujet qui me passionne depuis l'année de 6e et je ne compte même plus le nombre de livres que je possède à ce sujet. De plus, ma carrière est dejà toute tracée: je souhaite devenir professeur d'histoire géographie après quelques années d'étude en fac d'Histoire.

J'ai peut être cédé à la tentation de la mode en créant un blog comme beaucoup actuellement, mais l'envie de faire part de ma passion passe avant toute chose.

L'objectif de ce site est de vous donner mes impressions, et le peu de choses que je sais de la MYTHOLOGIE GRECQUE.

Vendredi 22 septembre 2006

Selon les Pélasges, la déesse Athéna naquit près du lac Tritonis, en Libye, où elle fut trouvée et nourrie par les trois nymphes de Libye qui se vêtent de peau de chèvre. Jeune fille, elle tua par accident sa compagne de jeux Pallas, alors qu’elles combattaient amicalement avec la lance et le bouclier ; en signe de douleur, elle plaça le nom de Pallas avant le sien. Venant en Grèce par la Crète, elle vécut d’abord dans la ville d’Athènes près du fleuve béotien Triton.

 

 

 

Notes :

 

 

 

1.      Platon identifiait Athéna, patronne d’Athènes, avec la déesse libyenne Neith, qui appartenait à une époque où la paternité n’était pas reconnue. Neith avait un temple à Saïs où Solon était bien traité uniquement parce qu’il était Athénien (Platon : Timée 5). Les prêtresses vierges de Neith s’affrontaient tous les ans dans des combats armés (Hérodote : IV. 180), apparemment pour la fonction de Grande-prêtresse. Le récit que fait Apollodore (III. 12.3) du combat entre Athéna et Pallas est une version patriarcale tardive. Il dit qu’Athéna, née de Zeus et élevée par le dieu-Fleuve Triton, tua accidentellement sa sœur de lait Pallas, fille du fleuve Triton, parce que Zeus interposa son égide au moment où Pallas était sur le point de frapper Athéna, détournant ainsi son attention. Quant à l’égide, c’était un sac magique en peau de chèvre qui contenait un serpent et était bien protégé par un masque de Gorgone. Il appartenait à Athéna bien avant que Zeus se proclamât son père. Des tabliers en peau de chèvre constituaient le costume habituel des jeunes filles libyennes et Pallas signifie simplement « jeune fille » ou « jeune homme ». Hérodote écrit (IV.189) : «  Le vêtement et l’égide d’Athéna furent empruntés par les Grecs aux femmes libyennes qui sont habillées exactement comme elles, excepté que leurs robes en cuir ont des franges faites de lanières et non de serpents. » Les jeunes filles éthiopiennes portent encore ce costume, qui est parfois orné de cauris, symbole yonique. Hérodote ajoute ici que les cris de triomphe, ololu, ololu, poussés en l’honneur d’Athéna (Iliade VI.297-301), étaient d’origine libyenne. Tritone signifie « la troisième reine », c’est à dire l’aînée des membres de la triade –  mère de la jeune fille qui combattit contre Pallas et de la nymphe qu’elle devint ensuite – exactement comme Coré-Perséphone était fille de Déméter. (Nous présenterons bien sûr, les déesses Perséphone et Déméter dans de prochaines études qui leur seront consacrées : le rôle de Déméter sur l’Olympe, l’enlèvement de Perséphone par Hadès…).

 

 

 

2.      Parmi les personnages mythiques portant le nom de Pallas, se trouve le Titan qui épousa le fleuve Styx et, par elle, devint le père de Zelos (« zèle »), Cratos (« puissance », Bia (« Force ») et Nikè (« Victoire ») (Hésiode : Théogonie 376 et 383 ; Pausanias : VII.26.5 ; Apollodore : 2.2-4) ; il constituait peut-être une allégorie du dauphin pélopien consacré à la déesse-Lune. Homère appelle un autre Pallas « le père de la lune » (Hymne homérique à Hermès, 100). Un troisième Pallas fut le père des cinquante Pallantides, ennemis de Thésée, qui semblent avoir été en guerre contre les prêtresses d’Athéna. D’un quatrième Pallas, on avait fait le père d’Athéna.

 

 

 

A ce propos, certains Hellènes disent qu’Athéna avait un père du nom de Pallas, géant ailé à corps de bouc, qui par la suite essaya de l’outrager, et qu’elle ajouta son nom au sien après lui avoir arraché la peau pour s’en faire son égide et les ailes pour s’en couvrir les épaules ; à moins que l’égide n’ait été la peau de la Gorgone Méduse, qu’elle écorcha après que Persée lui eut coupé la tête. (Tzetzès : Lycophron) et (Euripide : Ion 995)

 

D’autres disent que son père était un certain Itonos, roi d’Iton en Phtiotide, et qu’elle tua sa fille Iodama accidentellement en lui faisant voir la tête de la Gorgone qui la changea en pierre, parce qu’elle avait pénétré sans permission sur son territoire la nuit. ( Pausanias : IX.34.I.)

 

D’autres encore disent que Poséidon était son père, mais qu’elle le renia et demanda à être adoptée par Zeus ; et que celui-ci l’adopta avec plaisir. (Hérodote : IV.180.)

 

 

 

Mais les prêtres d’Athéna elle-même racontent l’histoire suivante au sujet de sa naissance. Zeus convoitait Métis, la Titanide, qui se métamorphosait constamment pour lui échapper jusqu’à ce qu’elle fut prise et rendue enceinte. Un oracle de la Terre-Mère (Gaia) déclara alors que l’enfant serait une fille et que si Métis enfantait de nouveau, le fils qu’elle porterait détrônerait Zeus, de la même manière que Zeus avait lui-même détrôné Cronos et que Cronos avait détrôné Ouranos. C’est pourquoi après avoir entraîné Métis vers sa couche avec de douces paroles, Zeus ouvrit brusquement la bouche et l’avala, et ce fut la fin de Métis, bien qu’il affirmât par la suite qu’elle lui donnait des conseils de l’intérieur de son ventre. Au bout d’un certain temps, un jour, se promenant sur les rives du lac Triton, il fut pris d’un mal de tête si violent qu’il lui sembla que son crâne allait éclater et se mit à pousser de tels cris que le firmament entier lui fit écho. Hermès arriva en courant ; il avait immédiatement deviné la cause des douleurs de Zeus. Il persuada Héphaïstos, ou, selon certains, Prométhée, de prendre son coin et son maillet et de faire une brèche dans le crâne de Zeus, d’où, poussant un cri puissant, jaillit Athéna tout armée. (Hésiode : Théogonie 886-900 ; Pindare : Olympiques VII.34.ss. ; Apollodore : I.3.6.)

 

 

 

Notes :

 

 

 

1.      J.E. Harrison considère avec raison que la légende d’Athéna née sous la tête de Zeus « est une ruse désespérée de la théologie pour se soustraire aux lois matriarcales ». C’est également un moyen de souligner que la sagesse est une prérogative masculine. Jusqu’alors, seule la déesse possédait la sagesse. Hésiode a réussi en fait à concilier trois conceptions tout à fait différentes dans sa légende :

 

§                    Athéna, la déesse de la cité des Athéniens, était la fille, née par parthénogenèse, de l’immortelle Métis, Titanide du  quatrième jour et de la planète Mercure qui présidait à la sagesse et à toutes les connaissances.

 

§                    Zeus absorba Métis mais ne perdit pas pour autant la sagesse (i.e. les Achéens supprimèrent le culte des Titans et conférèrent toute la sagesse à leur dieu Zeus).

 

§                    Athéna était la fille de Zeus (i.e. les Achéens insistèrent pour que les Athéniens reconnaissent la suprématie patriarcale de Zeus).

 

Il s’est inspiré de trois exemplaires analogues pour l’agencement de son mythe : Zeus poursuivant Némésis ; Cronos avalant ses enfants, garçons et filles ; la seconde naissance de Dionysos de la cuisse de Zeus ; et l’ouverture de la Terre-Mère par deux hommes armés de haches, apparemment pour délivrer Coré – comme on le voit par exemple sur une amphore à figures noires de la Bibliothèque Nationale de Paris. Athéna devient alors l’interprète docile de Zeus et supprime délibérément sa vie passée. Elle emploie des prêtres et non pas des prêtresses.

    1. Pallas, qui signifie « jeune fille », est un nom qui ne convient guère à un géant ailé dont la tentative de viol sur la personne d’Athéna a été probablement inspirée par une représentation de son mariage rituel sous l’aspect d’Athéna Laphria, avec un roi-bouc après un combat avec son rival. Cette coutume libyenne de mariage avec un bouc se répandit en Europe septentrionale et faisait partie des fêtes de Mai. Les Akans, peuple de Libye écorchaient autrefois leur roi.

       

    2. Athéna rejetant la paternité de Poséidon indique une modification du pouvoir suprême, survenue autrefois à Athènes.

       

    3. Le mythe d’Itonos (« homme-saule ») signifie que les Itoniens proclamaient qu’ils adoraient Athéna bien avant les Athéniens, et son nom démontre qu’elle avait un culte du saule en Phtiotide – comme celui de sa réplique, la déesse Anatha de Jérusalem, jusqu’au moment où les prêtres de Iahvé prirent sa place et déclarèrent que le saule faiseur de pluie était l’arbre de Iahvé à la Fête des Tabernacles.

       

    4. Il en coûtait la vie à un homme de retirer une égide – la peau de chèvre, tunique de chasteté, que portaient les jeunes filles libyennes – sans le consentement de celles qui la portaient ; d’où le masque protecteur de la Gorgone qui y était fixé et le serpent caché dans le sac de cuir. Mais comme on décrit l’égide d’Athéna comme un bouclier, se pourrait être un disque sacré, semblable à celui que contenait l’alphabet sacré de Palamède et qu’il prétend avoir inventé.

       

    5. Iodama, qui signifie probablement « jeune génisse d’Io » devait être une ancienne statue de la déesse-Lune et la légende de sa transformation en pierre est un avertissement aux jeunes filles curieuses qui tenteraient de violer le secret des Mystères.

       

    6. Ce serait une erreur de penser qu’Athéna était seulement ou surtout la déesse d’Athènes. De nombreuses acropoles anciennes lui étaient consacrées, notamment Argos (Pausanias : II. 24 .3), Sparte (Ibid. : 3. 17. 1), Troie (Iliade VI. 88), Smyrne (Strabon : IV .1 .4), Epidaure (Pausanias : II. 32 .5), Trézène (Pausanias : III. 23. 10) et Phénée (Pausanias : X. 38. 5.). Ce sont tous des lieux de peuplement préhellénique.

 

par Artémis publié dans : Avis de naissances divines
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Mardi 19 septembre 2006

Au Louvre, vous avez le célèbre tableau de Léonard de Vinci qui s’intitule La Joconde. Dans la même salle, vous en avez un immense sous-titré Les Noces de Cana. Cependant, aucun des deux ne traite de la mythologie grecque. Le plus représentatif du sujet que nous allons traiter aujourd’hui a été réalisé par Sandro Filipepi dit Botticelli au XV e siècle :

 

La Naissance de Venus.

 

 

 

Venus est le nom romain donné à Aphrodite. Déesse du désir, surgit nue de l’écume de la mer, chevauchant une conque (coquille en spirale de certains grands mollusques gastéropodes comme le triton), elle aborda d’abord sur l’île de Cythère, mais s’étant aperçu que c’était une petite île, elle se rendit au Péloponnèse et finalement s’installa à Paphos, dans l’île de Chypre où se trouve encore le centre principal de son culte. Les herbes et les fleurs poussaient sous ses pas. A Paphos, les Saisons, filles de Thémis, se hâtèrent de la vêtir et de la parer.

 

Certains soutiennent qu’elle naquit de l’écume qui s’amassa autour des organes génitaux d’Ouranos, lorsque Cronos, son fils, les jeta dans la mer ; d’autres que Zeus l’engendra de Dioné, fille soit d’Océanos et de Téthys, la nymphe de la mer, soit de l’Air et la Terre. Mais tous s’accordent à dire qu’elle vole dans les airs accompagnée de colombes et de moineaux.

 

 

 

Aphrodite (née de l’écume de la mer : aphròs) est cette même déesse dont l’empire était très vaste, qui émergea du Chaos puis dansa sur la mer, et qui était adorée en Syrie et en Palestine sous le nom d’Ishtar ou Ashtaroth. Son culte le plus important se trouvait à Paphos où on peut encore voir la statue blanche aniconique originale de la déesse dans les ruines d’un temple romain grandiose ; c’est là que, chaque année au printemps, ses prêtresses se plongeaient dans la mer et ressortaient régénérées.

 

On l’appelle fille de Dioné, parce que Dioné était la déesse du chêne où la colombe amoureuse faisait son nid. Zeus se prétendit son père après s’être emparé de l’oracle de Dioné à Dodone et par conséquent Dioné devint sa mère. « Téthys » et « Thétis » sont des noms de la déesse sous son aspect créateur (ces mots sont formés, comme « Thémis » et « Thésée », sur tithénai, « disposer » ou « mettre en ordre ») et sous son aspect de déesse de la mer puisque la vie prit naissance dans la mer. (Naissance des dieux depuis le fleuve Océanos). Les colombes et les moineaux étaient connus pour leur lubricité et toute nourriture venant de la mer est encore considérée comme aphrodisiaque dans les pays méditerranéens. Homère dans ses poèmes, fait d’Aphrodite la fille de Dioné et de Zeus.

 

Cythère était un important centre de commerce situé entre la Grèce et le Péloponnèse et c’est probablement par là que son culte pénétra pour la première fois en Grèce. La déesse crétoise était étroitement associée à la mer ; des coquillages tapissaient le sol du palais qui était son sanctuaire à Cnossos. Elle est figurée sur une pierre dure de la caverne de l’Ida, soufflant dans un coquillage, et une anémone de mer se trouvant auprès de son autel ; l’oursin de mer et la seiche lui étaient consacrés. Une coquille de triton a été découverte dans son ancien sanctuaire à Phaestos ainsi que dans beaucoup d’autres tombes du minoen tardif (vers 1200- 1100 ans avant notre ère), certains de ces coquillages sont en terre cuite.

par Artémis publié dans : Avis de naissances divines
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Mardi 27 juin 2006

Bibliographie :

 

 

 

Les outils de travail :

 

BELFIORE (Jean-Claude), Dictionnaire de mythologie grecque et romaine, Paris, Larousse, 2003.

 

DAREMBERG (C.), SAGLIO (E.) et POTTIER (E.), Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, tome 5, 1870-1919.

 

FREDOUILLE (J.-C.) et ZEHNACKER (H.), Littérature latine, Paris, PUF, Collection premier cycle, 1993.

 

GRIMAL (Pierre), Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, PUF, 1951.

 

LECLANT (Jean), sous la direction de, Dictionnaire de l’Antiquité, Paris, PUF, 2005.

 

MARECHAUD (Pierre), Mythologie grecque et romaine, Paris, Armand Colin, « Lettres Sup. », 2005.     

 

PHILIBERT (Myriam), Dictionnaire des Mythologies, Paris, Maxi-Livres, 2002.

 

GROS DE BELER (Anne), Mythologie Egyptienne, Paris, 1998.

 

 

 

Les sources :

 

Sources littéraires :

 

Apulée, Les Métamorphoses ou l’Ane d’or, traduction de Paul Vallette, Paris, Les Belles Lettres, 1947.

 

 

 

Les ouvrages généraux :

 

JACQUES (François) et SCHEID (John), Rome et son intégration à l’Empire (44 av. J.-C.- 260 ap. J.-C.). T.1 : Les structures de l’Empire romain, 6e édition, Paris, PUF, « Nouvelle Clio », 2002.

 

LE ROUX (Patrick), Le Haut-Empire romain en Occident, d’Auguste aux Sévères, Paris, 1998, (collection Points Histoire).

 

VEYNE (Paul), La société romaine, Paris, Seuil, « Des Travaux », (1ère éd. Fr. Paris, 1991), 2001.

 

 

 

Les ouvrages spécialisés :

 

BAILET (J.), La religion romaine, Paris, 1956.

 

BEAUJEU (J.), La religion romaine à l’apogée de l’Empire, I : la politique religieuse des Antonins (96-192), Paris, Les Belles Lettres, 1955.

 

BRULE (J.), Des Hommes et des Dieux, Paris, Ellipse, 1998.

 

SCHEID (John), La religion des Romains, Paris, Armand Colin, Masson. Coll. « Cursus », 1998.

 

SCHEID (J.), Religion et piété à Rome, Paris, Albin Michel, 2001.

 

TURCAN (Robert), Les cultes orientaux dans le monde romain, Paris, Les Belles Lettres, 1992.

 

TURCAN (R.), Rome et ses dieux, Paris, 1998.

 

 

 

par Arthémis publié dans : mythologiegrecque
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Mardi 27 juin 2006

           Nous voici sur le point d'aborder un thème intéressant: le culte d'une divinité étrangère à la Grèce au sein même de la religion polythéiste de ses peuples. Prenons l'exemple d'Isis.

           Tout d’abord, Isis est « née » en Egypte, le long du Nil. Son premier temple a été bâti à Philae au cours de la XXXe dynastie (Basse Epoque, de 664 à 332 avant notre ère.), sous le règne des pharaons Nectanebo Ier, Theos puis Nectanebo II. Isis est la fille de Geb, le dieu de la terre et de Nout, la déesse du ciel. Sœur d’Osiris « avec mon frère Osiris » ligne 7 de l’hymne (texte 1) ; elle est aussi son épouse : en s’unissant à lui dans le ventre de leur mère, elle a institué le mariage. Déesse de la fertilité, de la maternité, elle est souvent représentée allaitant son fils Harpocrate ou lui tenant la main. Le lait est l’aliment divin dispensé par Isis mère. A la différence d’Hathor, qui incarne la dimension biologique de la maternité, Isis prend en charge la dimension sociale. Elle protège Horus des dangers de son oncle Seth, dieu du mal. Hathor est la déesse de l’amour et de la joie, de la fécondité et mère cosmique, nourrissant les vivants et les morts c’est pourquoi les Egyptiens la représentent sous les traits d’une vache ou d’une femme avec des cornes de vache. Isis se confond avec Hathor et emprunte ses attributs : comme nous venons de le voir, les cornes de la vache qui soutiennent le disque solaire remplacent son signe distinctif habituel : le dessin du siège correspondant au hiéroglyphe de son nom. Isis est la première magicienne, celle qui redonne la vie à Osiris, le premier mort ressuscité. Osiris, tué par son frère Seth et jeté dans le Nil. Elle part en quête de son époux, dont elle reconstitue avec l’aide d’Anubis le corps que Seth avait découpé en quatorze morceaux. Anubis dans la mythologie égyptienne est le dieu de l’embaumement. Fils illégitime d’Osiris et de Nephtys (sœur d’Isis, d’Osiris, et épouse de Seth), il est représenté avec une tête de chacal ou de chien et accompagne les morts auprès d’Osiris. Isis gagne l’épithète « fille de Rê » car elle a obtenu de Râ, le dieu suprême, du soleil, ses pouvoirs car il lui a révélé son nom après avoir été mordu par un serpent. Elle devient une des incarnations possibles de l’uræus (aspic) : Isis Thermoutis est l’épithète qui désigne Isis avec un corps de serpent. Elle incarne, nous l’avons dit, la mère protectrice et à ce titre va aider son fils Horus à vaincre Seth afin qu’il devienne maître de la Haute et Basse Egypte. Elle aide le bien à triompher du mal Les autres attributs d’Isis sont  la croix ansée dit « ankh », symbole de la vie et du souffle vital, le ciste « corbeille contenant les objets sacrés et dissimulant en elle les mystères de l’auguste religion » ligne 41 et 42 d'un extrait éudié des Métamorphoses d' Apulée, le palmier représentant le vie éternelle, mais aussi le sistre*, un instrument de musique à percussion chez les Egyptiens.

            Ils vont croître avec l’hellénisation du culte égyptien dès 333 avant notre ère au temps de la conquête d’Alexandre le Grand et de sa victoire sur les Perses qui dominaient la province du Nil ; puis dès 30 avant Jésus Christ avec la défaite d’Antoine à Actium et son suicide avec Cléopâtre VII, date qui marque la provincialisation de l’Egypte dans ce qui est devenu par la suite l’Empire romain.

 

 

 

            Ainsi, Isis a conquis par la suite la Grèce. Les dieux égyptiens étaient familiers aux voyageurs et aux philosophes grecs, bien avant d’être connus et nommés aux Romains. Alexandre le Grand en hellénisant l’Egypte à influencé la venue de leurs cultes en Grèce : le culte des dieux alexandrins est adopté par l’assemblée du d’Athènes peuple en 350 avant notre ère avec l’autorisation pour les marchands égyptiens d’élever un temple d’Isis au Pirée.

Au cours des IIIe et IIe siècles avant notre ère, le culte d’Isis s’installe à Athènes en Eubée, à Délos où les hymnes sous formes d’éloges vantent les qualités que lui attribuent ses nouveaux dévots. Alexandrie est fondée au cœur même du Delta par Ptolémée I, le général d’Alexandre : l’Egypte devient ptolémaïque dès 305 avant notre ère jusqu’en 30 av. J.C., date du suicide de Cléopâtre VII, « La nouvelle Isis », dernier pharaon de la dynastie des Lagides. 

Les Grecs vénèrent une nouvelle Déméter qu’Hérodote au IVe siècle avant notre ère puis Plutarque*, au siècle des Antonins, ont identifiée en Isis. Tout d’abord, selon Plutarque, Isis est la fille d’Hermès/Mercure, qui s’est uni en cachette à Rhéa, femme de Cronos. Hélios, le premier mari de Rhéa l’a puni lorsqu’il s’est est aperçu et « jamais alors elle ne pourra avoir d’enfants ni en un mois ni en un an. » Isis et Osiris. Elle obtient pourtant d’Anubis cinq jours de plus dans le premier calendrier de trois cent-soixante jours et met au monde Osiris, le premier jour, puis Horus (tous deux sont les fils d’Hélios), Typhon (Seth) naît le troisième jour, Isis arrive au monde à la saison des pluies le quatrième jour. La légende d’Osiris ne nous est parvenu au complet, que par la plume de Plutarque qui en témoigne dans son ouvrage De Iside a Osiride. Cette légende nous retrace trois grandes étapes de la vie des dieux égyptiens : l’assassinat d’Osiris par Seth, la naissance et l’enfance d’Horus et la lutte entre Horus et Seth pour la royauté terrestre. Isis est associée au travers de l’écriture de Plutarque aux dieux de panthéon grec.  De même, elle est identifiée à Déméter, car comme elle, elle est en quête d’un être cher. Déméter recherche sa fille Perséphone/ Korè, enlevée par Hadès/Pluton dans les Enfers. Dans la douleur, elle décide que la terre autrefois nourricière ne portera plus de fruits, plus de fleurs, plus de graines. Avec l’appui de Zeus elle obtient finalement, le droit d’avoir sa fille auprès d’elle pendant huit mois, le temps de la belle saison pour contribuer à l’essor de l’agriculture et le reste de l’année, Perséphone le passe aux Enfers avec son époux Hadès qui lui a fait manger un grain de grenade (fruit), la nourriture des morts. En Grèce, les mystères d’Eleusis sont célébrés et le grain, à l’image de Korè/ Perséphone apparaît comme symbole résurrection. Si Déméter connaît la douleur, sa fille, connaît la mort (et la renaissance). Isis quant à elle, est en quête de son époux Osiris tué par Seth, l’incarnation du mal. Elle connaît le deuil puis la joie de son époux ressuscité : un événement que les fidèles célèbrent lors de l’Inventio Osiridis, en plein hiver.

 

 

Les Grecs adorent donc la terre nourricière, Isis-Déméter, portant les flambeaux, les épis de blé, les têtes de pavots, les serpents et la ciste mystique. Comme présidant à l’agriculture, Isis porte sur son bras la corne d’abondance remplie de fruits. C’est elle qui, détournant les hommes de la barbarie, leur a enseigné à cultiver le blé ; c’est elle qui a établi le culte et fondé les mystères où se révèle dans l’ombre le sens caché de ses tragiques aventures.

 

Le culte isiaque a par la suite atteint le port d'Ostie à Rome puis tout l'Empire romain au IIe siècle avec des foyers plus pratiquants que d'autres: les marins, les femmes... Mais ceci entre dans le cadre d'une autre recherche.

Il faut savoir que cet article est un extrait de mon travail en Licence d'histoire. J'avais choisi d'étudier le culte d'Isis dans l'Empire romain et une partie de mes recherches s'est attardée à expliquer la diffusion du culte de l'Egypte jusqu'à Rome en passant par la Grèce.

Dans l'article suivant je vais vous communquer ma bibliographie de travail, si vous souhaiter vous aussi traiter le sujet.

  

Ici, il s'agit d'une représentation grecque

de la déesse Isis avec le sistre

et le noeud isiaque de son châle .

par Arthémis publié dans : mythologiegrecque
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Dimanche 5 février 2006

Qu’est ce qu’un mythe ???

 

 

Mythe vient du grec mythos et signifie dans ce cas une fable, un récit. Les mythes sont des histoires de dieux, de déesses, de héros et d’entités surnaturelles et de leurs relations avec les êtres humains.

Expliquer des vérités ou valeurs universelles qui peuvent aider des groupes de personnes à s’identifier, à définir leurs valeurs est un des fondements du mythe. En quelque sorte, il permet de valider l’ordre social comme les royautés héréditaires.

EX : Rappelons que Romulus est un demi-dieu (sa mère a été visitée par le dieu Mars), et les citoyens romains de la République (509 av JC – 27 av JC), les patriciens se disent descendants de Romulus et de ses compagnons, les Patres. Ils estiment à ce titre, être au-dessus des autres citoyens de Rome, les plébéiens qui ont eu du mal à faire valoir leurs droits (cf. la loi des XII tables et les lois licinio-sextiennes dans un manuel universitaire consacré à la République romaine)

Les mythes traitent de la religion car il y a une relation Homme/Dieu qui apparaît dans tous les mythes.

Le mythe est-il au fond une construction de l’esprit ou une vérité humaine qu’il faut vérifier ??

 

NB : les légendes se différencient du mythe dans le sens ou elles sont fondées sur l’histoire avec un grand H.

Il y a une base vraie. Prenons l’exemple de la légende du roi Arthur ; un homme qui a existé à cette époque aurait servi cette légende.

Les contes populaires sont encore une autre forme de récit et se distinguent du mythe pour la simple et bonne raison qu’ils ne traitent pas de la relation Homme/Dieu.

Les contes de Grimm etc., sont des « compilations » de contes régionaux empruntés à des conteurs locaux et dont l’histoire est plus adaptée aux enfants. Les vraies fins de ces contes sont parfois effrayantes. !!!

 

 

La transmission du mythe

 

 

La tradition orale est la première forme de transmission des récits héroïques et divins. Les aèdes, poètes et musiciens de l’Antiquité grecque, racontent les épopées de valeureux hommes au combat, délivrant une jeune femme des griffes d’un serpent géant … on retrouvera au Moyen Age ces récits que les troubadours énonceront de villes en villes.

L’écriture à cette époque viendrait en premier lieu de la plume d’Homère, le poète, auteur de l’Iliade et de l’Odyssée : mais une question me brûle les lèvres. Qui est Homère ? A t-il existé ?? Les mythes de la guerre de Troie et du voyage d’Ulysse pour son retour vers Ithaque s’étalent sur plusieurs siècles (entre le XIIIe et le VIIIe siècle avant JC). Homère n’aurait pour des historiens jamais existé et ses œuvres ne seraient que des récits empruntés aux aèdes de l’époque archaïque.

La mythographie existait déjà dans l’Antiquité et les auteurs cherchaient à transcrire les mythes pour les générations futures.

Le théâtre est aussi un moyen littéraire de raconter les épopées héroïques d’Achille, d’Ulysse. Eschyle, Sophocle, Euripide et bien après lui Shakespeare se sont attelés à cette tache.

Ovide, écrivain latin a cherché à raconter un phénomène propre au mythe : la métamorphose.

Des preuves archéologiques sont des moyens de connaître ce que pensaient nos ancêtres les Grecs et comment ils vivaient leur religion, comment la transmettaient-ils : Les récits religieux passaient souvent par les arts (inscriptions sur les temples, vases et autres poteries d’usage...)

 

 

Le but des mythes

 

 

  • Expliquent l’inexplicable (phénomènes naturels souvent interprétés comme une colère divine…)
  • Définissent des coutumes sociales et des croyances
  • Correspondent à un rituel
  • Sont des allégories, semblables aux paraboles de la Bible
  • Expliquent des phénomènes psychologiques : Amour, sexualité, colère envers ses propres parents (Sigmund Freud)
  • Comportent les archétypes qui révèlent l’inconscient collectif de la race humaine (Carl Jung)
  • Sont des façons de communiquer et de permettre aux gens de travailler les uns avec les autres ou, un outil qui leur permet de parler de choses qui causent leur anxiété (la théorie du structuralisme vue par Claude Lévi Strauss) : les mythes soulignent souvent le problème de la mort divine et humaine.

 

 

Les grands types de mythes

 

 

La création du monde : d’où vient le monde et ses créatures (le monde est un œuf, émergeant de l’obscurité, une venue voulue par la ou les divinités créatrices) ;

Les cosmogonies : description du monde, le ciel, la mer et les Enfers et comment le Soleil et la Lune tournent autour ;

Les origines de l’humanité : naissance des hommes : créatures chouchoutées d’une divinité qui s’est essayée à façonner la boue : Prométhée qui a crée les hommes ;

Les histoires de déluge : des dieux mécontents de leur première version des hommes qui déclenchent un déluge prémisse à la destruction du monde et seuls un homme et une femme sont amenés à survivre : pour nous ce sera Deucalion et Pyrrha, dans la religion monothéiste biblique, il y a Noé et son épouse (pour plus d’informations, consultez la renaissance du monde vue par Ovide dans les Métamorphoses) ;

L’introduction sur la terre de la maladie et de la mort : les premiers hommes vivent dans un paradis et un malheur s’introduit (mythe grec de la boite de Pandore qui, nous allons l’étudier, est en fait une jarre) ;

L’au-delà : l’âme qui perdure après la mort du corps, les mythes expliquent dès lors ce qui arrive à l’âme ;

L’existence d’êtres surnaturels : mythes avec des divinités et des entités surnaturelles autres : leur action sur le monde et sur la vie des hommes : combat entre les bons et les méchants, (les dieux contre les titans par exemple) ;

La fin du monde : l’apocalypse biblique appréhendée dans toutes les autres religions ;

L’aube de la civilisation : vivre comme des hommes, se différencier des animaux avec l’aide des dieux  (dans notre cas, nous avons le mythe du Protagoras, le feu volé aux dieux par Prométhée pour le donner aux hommes qu’il a crée) ;

Les mythes de fondation : d’une cité par exemple.

 

 

Voilà quelques éléments qu’il faut avoir en main sur le mythe pour pouvoir poursuivre notre analyse.

par Artémis publié dans : mythologiegrecque
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